« L'actionnariat rural », moteur de la sécurité alimentaire

2012-10-03 10:53:53

Semaine scientifique 2012 d’AfricaRice et du forum scientifique GRiSP-Afrique

« L'actionnariat rural », moteur de la sécurité alimentaire

Cotonou abrite, depuis le 1er octobre 2012, la semaine scientifique 2012 d'AfricaRice et le Forum scientifique GRiSP-Afrique. Chercheurs, scientifiques et acteurs de la filière riz venus de 24 pays africains échangent autour des défis de la sécurité alimentaire pour faire du riz le céréale qui sauve l’Afrique.

L’actionnariat rural peut permettre à l’Afrique d’assurer sa sécurité alimentaire a déclaré Dr Papa Abdoulaye Seck, à l’ouverture  de la Semaine scientifique d’AfricaRice (1er au 5 octobre 2012), organisée par le centre du riz pour l’Afrique pour faire le point des recherches, examiner la traçabilité des résultats des recherches et de dégager des perspectives porteuses d’espoir pour l’avenir de la filière riz en Afrique. Cette rencontre vise aussi à permettre aux participants de réfléchir pour changer ou consolider la physionomie des recherches en vue d’ améliorer davantage l’environnement.

« (…) L'Afrique a aujourd'hui une nouvelle vision. C’est l'actionnariat rural pour assurer sa sécurité alimentaire », a déclaré Dr Papa Abdoulaye Seck, Directeur Général du centre du riz pour l’Afrique, plus connu sous le nom d’AfricaRice.  

Plus efficace, efficient et durable que le partenariat, « l’actionnariat rural » intègre, selon Dr Seck les connaissances endogènes, les priorités de recherche des populations et les résultats de recherche en termes de production et de consommation.

Il vise l’émergence de la masse critique rurale et l’excellence scientifique pour optimiser l’univers agricole de l’Afrique. L’ « actionnariat consiste à amener des connaissances et des technologies, en nous appuyant sur les connaissances endogènes et les résultats de recherche. Il appartient aux peuples d’apporter leurs contributions, aux transformateurs d’apporter leurs contributions, à l’Etat d’apporter sa contribution. C’est cela que nous voulons, un actionnariat  pour le monde rural en Afrique. Mais l’actionnariat doit reposer sur l’excellence scientifique et l’excellence scientifique doit reposer sur un certain nombre d’étages qui se tiennent », à savoir « la transparence, l’équité, la pertinence de nos recherche, la qualité, l’obligation de résultats, obligation de rendre compte, impact potentiel, partenariat normé », a précisé Dr Seck qui a appelé ses paires à un changement profond de la philosophie de recherche pour impacter les résultats agricoles. 

Pour une révolution

« En Afrique, le 21è  siècle doit nous permettre d’inventer nos méthodes de recherche  si nous voulons véritablement transformer l’agriculture africaine », a dit Dr Seck.

Par exemple, l’Afrique de l’Ouest,  pôle majeur d’importation de riz au niveau mondial (20 % des quantités commercialisées) ne couvre que 60 % de ses besoins de riz malgré ses potentialités rizicoles notamment dans les bassin nigérians, guinéens et maliens. L’Afrique subsaharienne dépend encore fortement des importations pour subvenir à ses besoins de riz.

« Les chercheurs  évoluant en Afrique doivent cesser d’être de simple architecte mais plutôt des architectes et des bâtisseurs de civilisations agricoles en s’impliquant davantage dans des opérations de développement à forts impacts potentiels », a-t-il ajouté avant de dire  qu’ « Il y a nécessité mais aussi urgence de construire des systèmes d’innovation qui devraient impliquer  toutes les parties  du processus de génération, de diffusion de l’innovation technologique ».

Ainsi, selon lui, l’Afrique parviendra à la révolution verte pour nourrir sa population. « L'indépendance alimentaire est la première des indépendances. Et si l'Afrique ne peut pas nourrit l'africain alors elle n'est pas indépendante», a indiqué Dr Seck.

La crise alimentaire touche l’Afrique notamment les petits pays dépendants des importations. L’amélioration de la sécurité alimentaire à long terme passe donc par la conjugaison des idées.

Ainsi AfricaRice travaille dans cette optique en mettant en place des outils d’orientation stratégique de la recherche, de même que des outils  de dissémination de l’ innovation technologiques. A « AfricaRice, les priorités de recherche doivent être définir par les bénéficiaires de la recherche », a-t-il conclu non sans marteler que «C’est le terrain qui doit commander la méthode mais ce n’est pas la méthode qui doit commander le terrain ».

Cette semaine scientifique d’AfricaRice est à sa deuxième édition et est couplée avec le forum Grisp  (Global Rice Science Partnership), un programme de recherche du consortium CGIAR dont AfricaRice est membre qui propose un plan stratégique unique et une unique plate-forme de partenariat axée sur l'impact de la recherche rizicole pour le développement.

Mikaïla Issa & Christophe Assogba

 


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