Un nouveau modèle pour comprendre la biodiversité

2011-11-21 16:29:40

Un nouveau modèle pour comprendre la biodiversité
Des chercheurs conçoivent une théorie unificatrice du changement de l’écosystème
en combinant modelage spatial et analyse de la chaîne alimentaire 
 
Les animaux, comme les renards et les ratons laveurs, possèdent une capacité d’adaptation élevée. Ils se déplacent et mangent de tout, des insectes aux œufs. Selon une nouvelle étude publiée cette semaine dans Proceedings of the National Academy of Sciences, ces espèces et d’autres polyphages pourraient également être essentiels pour soutenir la diversité biologique.
 
Pour comprendre la biodiversité, des chercheurs en biologie de l’Université McGill ont conçu une théorie unificatrice spatiale qui tient compte des chaînes alimentaires complexes des prédateurs et des proies. « La biodiversité existe dans les limites d’un terrain. Les prédateurs et les proies sont continuellement en déplacement, à mesure que change leur habitat. Il s’agit d’un système dynamique complexe », déclare l’auteur principal Pradeep Pillai, doctorant à McGill.
 
Les théories précédentes sur la biodiversité se sont concentrées ou bien sur le réseau complexe d’interactions alimentaires qui lie toutes les espèces dans des chaînes alimentaires, ou bien sur la manière dont les espèces interagissent entre elles au sein d’un même espace. « Pour dégager une théorie unificatrice de la diversité écologique, on doit comprendre comment les espèces interagissent à la fois dans l’espace et le temps, et c’est ce qui distingue notre travail », explique le coauteur Michel Loreau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écologie théorique des communautés et des écosystèmes.
Les chercheurs ont découvert qu’un « réseau de branches » entretenu par des espèces généralistes, comme les renards et les coyotes, qui peuvent se déplacer et attaquer différentes espèces en différents endroits, joue un rôle important dans la promotion des chaînes alimentaires complexes et, par conséquent, dans le maintien de la biodiversité. Les chercheurs ont conclu que ces espèces généralistes se démarquent par leur capacité à repérer une proie, peu importe où elles se trouvent, à mesure qu’elles se déplacent d’un endroit à un autre, ce qui soutient le réseau.
 
Cette théorie jette également les bases pour comprendre que les activités humaines, notamment la déforestation, sont susceptibles d’avoir sur une espèce spécifique et des chaînes alimentaires entières. Les chercheurs ont démontré les chaînes alimentaires sont atteintes par l’extinction des espèces perturbées en raison de la destruction de leur habitat. « La théorie est utile, parce qu’elle nous aide à comprendre comment la biodiversité est maintenue, de même que l’impact de l’homme, lorsqu’il perturbe les réseaux écologiques en détruisant et en fragmentant l’habitat », conclut le coauteur Andrew Gonzalez, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biodiversité et directeur du Centre de la science de la biodiversité du Québec.
 
Les travaux ont été financés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie et par le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies.
 
Pour lire un résumé de l’article :
http://www.eurekalert.org/pio/tipsheetdoc.php/237/pnas.201106235
Plus de nouvelles de l’Université McGill : http://francais.mcgill.ca/newsroom/


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