Financement de la recherche : le Mali tributaire de l’extérieur

2011-09-26 01:19:20

Financement de la recherche : le Mali  tributaire de l’extérieur        

Trois chercheurs en médecine, en agriculture et en énergie ont déclaré que la  recherche dans les pays Ouest africains francophones, en général, et au Mali, en particulier, est tributaire de l’aide extérieure. C’est à l’occasion de la première réunion régionale francophone, organisée par le Projet science journalisme coopération (SjCOOP) de la fédération mondiale des Journalistes scientifiques, qui s’est tenue du 13 au 17 septembre 2010, à Bamako au siège du Centre Charles Mérieux.

« La recherche est financée par l’extérieur. Il n’y a même pas 2 % des budgets des Etats réservés à la recherche. Des recommandations ont été faites, mais, malheureusement, les pays africains n’accordent pas beaucoup de financement à la recherche », a affirmé Pr Boubacar S. Cissé, toxicologue et directeur  général du Centre Charles Mérieux du Mali, avant d’ajouter quils « ont d’autres priorités, comme le relèvement des salaires des fonctionnaires, que la recherche ». Il tenait une conférence avec Dr Aly Kouriba, directeur scientifique de l’institut d’Economie rurale (IER) et  Pr Arona Coulibaly de l’école nationale des Ingénieurs.

Ces derniers ont aussi estimé que la décision de consacrer 1 % du produit intérieur brut (PIB) de chaque pays à la recherche est encore loin d’être une réalité, dans la plupart des pays. « Le Mali a essayé d’organiser la recherche avec l’institut de la Recherche scientifique et technologique (IRST) qui coordonne les activités de recherche. Toutes les structures de recherche ont un comité scientifique qui élabore les axes prioritaires de recherche. Si les axes de recherche intéressent des bailleurs de fonds, ils les financent, et ces financements sont plus importants que ceux de l’Etat », a précisé Pr Cissé. Il a donné l’exemple du projet de recherche, Action BioMali,  qui  vise à renforcer le dépistage et le suivi biologique des patients atteints de Vih/Sida, de tuberculose et du paludisme, grâce au financement de plus de 2 milliards de francs CFA de l’Union européenne.

 Dans le secteur de l’agriculture, le constat fait par Dr Aly Kouriba est le même. Selon ce chercheur, 60 % des ressources financières, consacrées à la recherche dans  le domaine agricole au Mali, proviennent de  l’extérieur contre 40 % consacrées par l’Etat. « Les ressources allouées à la recherche au Mali sont maigres », a ajouté Pr Arona Coulibaly qui expérimente, au niveau de son laboratoire, des solutions hybrides  visant  l’efficacité énergétique.

Les trois chercheurs ont plaidé pour un accroissement des financements nationaux alloués à la recherche, notamment, en tenant compte des domaines de souveraineté de l’Etat, car, a dit Dr Aly Kouriba « les bailleurs de fonds aident en fonction de certains objectifs et visions » qui sont les leurs et pas toujours ceux des pays financés.

Christophe D. ASSOGBA   

 

 

 


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