Produire des données pour mieux lutter contre la pollution

2015-11-02 22:48:04

Produire des données pour mieux lutter contre la pollution


Lorsqu'on cherche des informations statistiques sur les questions de pollution en Afrique de l'Ouest, on n'en trouve presque pas ni sur Internet encore moins dans les livres.

Les données sur la pollution de l'air en général  n'existent pas assez et sont difficiles à trouver sur cette région. 

Selon Thierry Baldet, Spécialiste de programme principal agriculture et environnement au CRDI, en dehors de quelques informations générées par des projets isolés menés par exemple à Dakar (Sénégal), il n'existe beaucoup de données qui permettent prendre véritablement la mesure de la pollution à l'échelle de la sous-région afin de la contrôler. 

L'Afrique de l'Ouest n'est pas moins touchée par la pollution atmosphérique. Dans cette région, la pollution qui a des impacts énormes sur la vie des populations (santé) et sur l'environnement est causée par les transports (motos, voiture, camion) la mauvais qualité des carburants qu'utilisent les véhicules, les industries, l'usage des combustibles tels que le charbon de bois, le bois  dans nos maisons et l'agriculture urbaine. 

En Afrique subsaharienne, 27 pays disposent de lois sur la protection de l'environnement qui indiquent les paramètres du carburant des véhicules et les normes d'émission des gaz par les industries. 

Dans la plupart des pays, il existe des systèmes opérationnels de surveillance de la qualité de l'air. 

 Le Ghana est le seul pays de la sous-région ouest africaine qui dispose d'un système de surveillance de routine opérationnelle. 

Dans les autres pays comme le Bénin, le Togo et le Niger, les opérations de surveillance se font de façon occasionnelle. La gestion de la qualité de l'air est pratiquement absente de la gouvernance des pays.

Mesurer la qualité de l'air

Pour donc corriger le tir et prendre la mesure du phénomène de pollution sur le développement des pays de l'Afrique de l'Ouest, quatre universités de la région ont lancé cette année ensemble une chaire écosanté consacrée à la pollution de l'air et aux maladies non transmissibles respiratoires. 

Marius Kédoté, spécialiste de santé publique et coordonnateur de ce programme régional d'enseignement et de recherche sur la pollution de l'air en Afrique de l'Ouest, explique que c'est en raison du manque de ressources dans les pays pour mesurer la qualité de l'air afin de pouvoir estimer ses conséquence sur la santé  que cette initiative a vu le jour. 

Ce programme de production de données sur la pollution qui couvre quatre pays à savoir le Bénin, le Burkina Faso, la Cote d'Ivoire et le Sénégal, va permettre de produire beaucoup de données au profit de la lutte contre la pollution de l'air et ses problèmes connexes. 

L'objectif est de former des spécialistes pour améliorer la compréhension des problèmes liés à la pollution urbaine de l'air en Afrique de l'Ouest. 

"Nous voulons former des professionnels sur la pollution de l'air et des maladies non transmissibles respiratoires à travers les principes de l'"écosanté" pour permettre de collecter des données sur l'état de la santé de nos populations", précise Benjamin Fayomi, Doyen de la Faculté des Sciences de la santé (FSS) de l'Université d'Abomey-Calavi, et titulaire de cette chaire au Bénin.

Aide à la prise de décision

Cette entité de recherche sur la pollution de l'air permettra de recueillir, stocker et analyser des données dans plusieurs pays ouest-africains pour faire progresser la recherche sur les questions de pollution de l'air mais aussi pour fournir des données aux décideurs politiques afin de mieux lutter contre le phénomène. 

« Nous voulons avoir une vision globale, régionale des enjeux de pollution qui affectent les populations mais avec des spécificités dans chaque pays. Nous n'avons pas exactement le même mode de transport à Ouagadougou comparativement à Cotonou et cette ville par rapport à Dakar. Les recherches de plusieurs doctorants vont nous permettre d'approfondir ces enjeux de pollution mais également de ressortir la spécificité de chaque pays», a souligné Marius Kèdoté. 

Il ajoute que les fruits des travaux seront déclinés en action pour la sensibilisation des populations à un changement de comportement dans les maisons en vu d'un abandon de l'utilisation des ressources forestières végétales pour la cuisson des aliments ; à un meilleur respect des normes de pollution dans les unités industrielles pour une protection et une préservation durable de l'environnement. 

A terme, la sous-région disposera d'une base de données sur la pollution, ce qui va aider à la prise de décision dans les différents pays et au niveau régional (instances régionales) car la « pollution n'a point de frontière ».


Christophe D. ASSOGBA

Article réalisé avec le soutien de CSE Media Fellowships Programme à New Dehli (Inde)



 


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