Le satellite Megha-Tropiques pour percer les secrets du climat intertropical

2013-04-22 13:28:29

 

 

Le satellite Megha-Tropiques pour percer les secrets du climat intertropical

Le  Burkina abrite un super site de validation d’un satellite franco-indien dénommé, Megha-Tropiques, conçu pour mesurer les quantités d’eau tombées ou contenues dans l’air ou dans les nuages. Les résultats permettront de produire des cartes de précipitation   d’une plus grande   précision et peut-être de prévoir des inondations, etc.

 

Il passe à Ouagadougou, au-dessus de nos têtes, six fois par jour. Vous ne vous rendez pas compte, ce satellite franco-indien, Megha-Tropiques  est à 865 km d’altitude, très loin pour être vu à l’œil nu.  Sa mission est  d’observer et de mesurer les produits du climat. Entendez par là les pluies tombées au sol, les quantités d’eau contenues  dans l’air. Les données recueillies par satellite permettront d’enrichir les connaissances scientifiques sur la contribution du cycle de  l’eau à la dynamique et au bilan énergétique de l’atmosphère tropicale. La plupart des satellites existant en la matière sont stationnaires. La particularité de celui-ci est sa grande  mobilité. Il  se déplace très vite, 108 mn pour faire le tour de la terre. Ouagadougou est l’un des points d’observation. Elle est même un super site de validation de ce satellite. Frédéric Cazenave, ingénieur de recherche au Laboratoire d’études des transferts en hydrologie et environnement (LTHE) à Grenoble et à l’Institut de recherche et développement (IRD), a déposé ses valises en février 2011 dans la capitale burkinabè pour le compte du projet. Cela, après avoir fait un tour à Niamey, l’ancien super site de validation. Tout le temps occupé, parlez  lui du Megha-Tropiques et il vous trouvera un temps entre deux missions pour s’y consacrer.

 « Le satellite Megha-Tropiques a été mis en orbite en octobre 2011. Nous avons commencé nos expérimentations au Niger mais  pour des raisons de sécurité, nous nous sommes redéployés au Burkina. Cela parce que nous étions certains de pouvoir bénéficier d’un partenariat de qualité à travers l’Université de Ouagadougou, la Direction de la météorologie et le Centre  national de la recherche   scientifique et technologique (CNRST) », a justifié M Cazenave.

 

Pluviographes-radar-satellite

 Pour ce faire, un certain nombre d’instruments de mesure (un radar et des pluviographes) ont été installés à Ouagadougou et ses environs afin de pouvoir comparer les résultats de ces instruments et ceux du satellite. En effet, le radar Xport de l’Institut de recherche et développement (IRD) a été placé  à la Direction générale de la météorologie à Somgandin, un quartier situé au Nord-Est de  Ouagadougou. Selon son concepteur,  Fréderic Cazenave, ce radar est un instrument d’exploration des  masses nuageuses contenant des précipitations.  Son exploration spatiale couvre un rayon de 135 km. Toute trace de pluie dans cet espace est repérée et mesurée par le radar.  Ce dispositif est complété  par un réseau de 17 pluviographes répartis dans la zone de couverture du radar. Ceux disposés plus loin de Ouagadougou sont dans la région du Centre-Nord notamment à Barsalogo. « Ce déploiement instrumental va permettre une validation triple : pluviographe-radar-satellite », explique  M. Cazenave. Le satellite fait des mesures ponctuelles de la précipitation au moment de son passage, soit six fois sur son point d’observation. Le radar, lui, a une vision très fine de la précipitation en termes spatial et temporel sur une aire de 10 000 à 20 000 km2. Quant aux pluviographes, ils permettent d’avoir des mesures très précises de la pluie tombée (au sol) sur  une superficie de 400  cm2.

Le projet de validation au Burkina va s’étendre sur deux ans. La première année a déjà été bouclée. Pour l’instant, les scientifiques ne parlent pas en termes de résultats mais disent avoir fait une très bonne campagne 2012 que ce soit au niveau satellite,  radar et pluviographe.  « Nous sommes là dans le cadre d’une validation d’un instrument de mesure satellitaire. Nous ne pouvons pas encore parler de résultat, mais nous avons réalisé une très bonne année 2012 en suivant l’intégralité de la saison, 80 événements précipitants », précise l’ingénieur rattaché à l’IRD. Le constat est que Ouagadougou a été bien arrosée en 2012 avec plus de 1000 mm d’eau et des précipitations  se sont enchaînées les 6 et  7 août sur plus de 24 heures. Cette situation ne s’est pas étendue sur l’ensemble de la région du Centre dont fait partie la ville de Ouagadougou. A  Koubri,  localité située à une vingtaine de km de la capitale, a été moins arrosée, 700 mm. Ces résultats montrent qu’à une échelle réduite, on peut avoir des disparités pluviométriques extrêmement importantes. La première saison est bouclée avec une mine de donnée issues des différents instruments de  mesure. « Les comparaisons  des  résultats pourront se faire très bientôt », soutient M. Cazenave.  Au stade actuel, l’intérêt de ce projet reste  scientifique ;  ce qui échappe à la compréhension du citoyen lambda. Mais à terme, les résultats profiteront à tout le monde. Car ils serviront de base pour la  cartographie de la pluviométrie,  à définir avec précision les prévisions climatologiques et à prévoir des inondations.Lire la suite dans sciences2d.org

Boureima SANGA

 

 


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