Cultures maraîchères: améliorer la technicité des producteurs par la recherche

2012-04-05 18:45:59

Cultures maraîchères

Améliorer la technicité des producteurs par la recherche

L’amélioration du niveau de technicité des producteurs passe par la recherche, a déclaré un chercheur sénégalais, Dr Emile Victor Coly. C’était au cours d’un échange sur la production de légumes, de fruits, de plantes ornementales et de fleurs avec des journalistes du projet science journalisme coopération (SjCOOP) de la fédération mondiale des Journalistes scientifiques, au centre pour le Développement de l’Horticulture (Cdh), dans l’après-midi du mercredi 25 janvier 2012, à Dakar.

« Il faut beaucoup d’efforts de recherche pour relever le niveau de technicité des producteurs », a déclaré Dr Coly, directeur du Cdh de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra).

Les producteurs ne maîtrisent pas toujours les techniques de production et même de conservation des légumes et des fruits. Chaque variété de légumes et de fruits doit être adaptée à des zones spécifiques de production.

Depuis 1972, le centre travaille sur 300 variétés notamment les oignons —Violet de Galbi et Yakaar —, le piment —Safi, Malika, Jaune du Burkina —, la tomate — Xina Pf, Xina Gf, Romitel—, le manioc — Kombo 2, Kololi, L30.555, L30.572—, la patate douce — Ndargou, walo, Louga 5, L29, L27, L26, L19 — et le gombo —Puso.

Par exemple, une étude menée, en 2011, par l’Isra sur les maladies et leur influence sur le rendement de quatre groupes de variétés — Bilfa, Mac, Biofort et MCR—, de haricot commun, identifie celles qui sont prioritaires et de second choix. Les variétés prioritaires sont fortement recommandées et vulgarisées auprès des producteurs. Dans le groupe Bilfa, il s’agit de — ECAPAN 019, HM 21-7, ECAPAN 010 —, tandis qu’au niveau de Mac, il y a — KNX86, KNX 114, HL 12 et DOR 701. Les variétés de second choix sont aussi proposées aux producteurs.

« Nous avons fait des emprunts. Pour chaque spécialisation, nous avons, d’abord, regardé ce que les autres centres de recherches des pays de la sous-région ont produits de bien que nous avons introduit, testé et créé nos propres variétés », a-t-il dit.

Les études menées ont permis également d’identifier 250 ravageurs des cultures légumières notamment les pucerons, les mouches blanches, les punaises, les citadelles et les mouches mineuses du haricot responsables des perforations des feuilles et des tiges.

Le centre a aussi travaillé à aider les producteurs à améliorer les techniques de conservation de leurs productions. Divers abris séchoirs, sous forme de case, grillagés ont été conçus, pour stocker les oignons, jusqu’à 6 mois. Le stockage se fait en étalant les oignons dans les différents compartiments de l’abri bien aéré. Ces ouvrages ont permis d’avoir, aujourd’hui, des pertes inférieures à 10 % contre 80 %, les années antérieures, pour une production annuelle de 30 000 tonnes. « La réduction des pertes d’oignons contribue à la stabilisation du prix de ce produit sur le marché », a déclaré Dr Tanou Ba, Chargé de recherche à l’Isra. Cette technologie, simple a été reprise par les producteurs privés.

Christophe Assogba


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